En vrac
Ségolène Royal a offert l’asile – politique, diront certains - a « Arrêt sur images », l’émission de Daniel Schneidermann. S’il le veut, il pourra continuer a décortiquer l’attitude de ses confrères a partir du Poitou-Charentes. Et diffuser tout cela sur Internet. Pour l’instant, a notre connaissance, l’éditorialiste de Libération n’a pas fait connaître sa réponse. On se perd en conjonctures. Pas tant sur ce que décidera Schneidermann. Pour quelqu’un qui ne répugne pas – c’est un euphémisme – a dénoncer, a juste raison, le petit milieu parisien, les renvois d’ascenseur, les copinages, pour lui donc, la tentation de Melle pourrait être forte… Mais de la part de notre candidate a la présidentielle, on s’interroge : avec tout le mal qu’elle dit de la presse, – on a encore en mémoire sa sortie sur l’AFP qui n’aurait pas respecté l’embargo sur sa séparation d’avec le camarade premier secrétaire – quelle mouche l’a donc piquée ? A moins qu’elle ne se voit en ombudsman en chef, du genre « je fais le tri entre le bon grain et l’ivraie ».
Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy ne se presse pas pour recevoir les responsables du Forum des Sociétés de journalistes qui lui ont demandé un rendez-vous a propos des Echos et de La Tribune. Manifestement, il est trop occupé. On en est un peu dubitatif. Notre « super président » nous a montré depuis deux mois qu’il savait jongler avec son emploi du temps, recevoir a tours de bras, multiplier les déplacements en France, a l’étranger, déjeuner avec des brochettes d’intellectuels, jogger dès qu’il a cinq minutes de libre. Et la, pas moyen de dégager un petit quart d’heure. Et si celui-la aussi se la jouait « je fais le tri entre le bon grain et l’ivraie » …
Enfin, lu ce week-end dans Le Monde, un formidable papier sur Isabelle Dinoire, la jeune femme a qui l’on a greffé le triangle nez-lèvres-menton prélevé chez une donneuse en état de mort cérébral. Un long article signé par Annick Cojean, une fois de plus d’un talent et d’une humanité rares. Isabelle Dinoire raconte sa renaissance, son retour « sur la planète des humains », son infinie reconnaissance aux chirurgiens et a toutes les équipes médicales qui lui ont redonné un visage, a la famille de la donneuse a qui elle pense chaque jour. Mais elle dit aussi son écœurement face a l’attitude de certains médias, de certains journalistes, britanniques notamment. Elle décrit leur traque, leur ruse, leur harcèlement pour obtenir photos, interviews, numéros de portable. Elle a raison, c’est tout bonnement monstrueux, pour reprendre son mot. Elle n’en a pas moins reçu la journaliste du Monde. D’elle, on comprend qu’elle fasse la part entre le bon grain et l’ivraie.
Marie Dranem














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