formation & hummour & extrai de Notre prochain N° de Khéopsy
Pour assurer la qualité et le sérieux de l'entreprise, le comité de
rédaction de la revue s'engage à ne publier, que des articles ayant
préalablement reçu l'aval de deux membres d'un comité de lecture .
Cela vaut également pour les articles que les membres du comité de
rédaction peuvent faire paraître dans la revue.
Pour pallier les insuffisances de nos moyens financiers tout comme
pour contourner les difficultés d'une diffusion en librairie, la revue
¿ Khéopsy ? est, au moins provisoirement, une revue en ligne. Nous
n'écartons pas cependant le projet de la transformer à terme en une
revue classique sur papier. En attendant, nous nous proposons de
mettre en ligne douze numéros de la revue par an.
Frans Tassigny
Sommaire :
Analysant, analyste par Raymond Bettonville
Poète, écrivain, peintre.
L’école de l’être…
L’être de l’école…
Jean Cocteau se dilua dans l’opium…
Les murs se refermaient à l’entrée de l’école fondamentale et élémentaire pour que l’enfant
aie travaillé à raboter son cerveau autour de l’espoir de paraître…
L’analyste eut un mouvement du bras et l’inconnu l’entendit…
Le silence régnait dans la salle du cinéma… Godard était à bout de souffle…
Ah oui… « Hiroshima, mon amour. »… Et puis quoi… Je ne voyais en lui que moi et les
deux me parlaient comme le bruit des souris le soir sur le planché de la petite maison
ouvrière… Il y avait encore des ouvriers…
Le drap de la fenêtre bougeait au sifflement du train…
La séance de 45 minutes n’était que dans le présent et chaque mot disparaissait au fur et à
mesure de le dire…
Ah dire… Dire quoi et pourquoi ?
J’étais à ma troisième analyse et j’avais l’impression d’être avec le deuxième analyste et je
devenais lui avec sa force, son humour et son amour…
« Par l’hypnose, une femme ne se déshabillera pas, il suffit de lui demander », m’avait-il dit
gentiment et un sourire qui allait réapparaître des années après…
L’analyste avait été opéré et j’avais reçu un mot disant qu’il devait interrompre pendant un
mois les rendez-vous. Gentiment je lui renvoyai un mot de bons rétablissements : il me
remercia et mit l’accent de l’importance de ma lettre-je l’avais reconnu en me reconnaissant.
Le passage du témoin était…
Parcours d'Exil, une association
Parcours d'Exil est une association loi 1901, reconnue de bienfaisance. Créée en 2001, elle réunit une équipe de médecins, psychologues, psychothérapeutes et kinésithérapeutes dont certains ont près de 15 ans de pratique du soins aux victimes d’atteintes aux Droits Humains. Le travail est à destination des victimes de tortures, des temoins de massacre de génocides, des mineurs isolés étrangers, des enfants soldats, mais aussi des victimes de mutilations sexuelles, de mariages forcés etc.
L’émergence d’une structure de référence
Depuis sa création, l’histoire de l’association a été marquée par des événements importants, qui tous ont contribué à faire de Parcours d'Exil une structure de référence pour la prise en soins des victimes de torture. C’est à l’été 2001 que, confrontés à l’état de délabrement physique et psychique de jeunes mineurs isolés qu’ils rencontrent, Pierre Duterte et Hélène de Rengervé créent Parcours de Jeunes, pour mettre en œuvre des programmes destinés à répondre aux souffrances spécifiques des Mineurs isolés étrangers (MIE). Dès 2002, le Fonds des Nations Unies pour les victimes de torture (FNUVT) reconnaît la pertinence de l’action de l’association et lui attribue un soutien financier. Parcours de Jeunes est devenu Parcours d'Exil en élargissant son champ d’intervention, et se propose de prendre en soins toutes les victimes de torture et d’atteintes aux droits de l’Homme. Les premières consultations sont donc mises en place. L’année suivante, le Fonds Européen des Réfugiés accorde à l’association une subvention qui lui permet de s’installer dans ses propres locaux, et d’y recevoir ses patients.
En août 2004, alors que le centre de soins de Parcours obtient l’agrément « Centre de santé » par
L’attribution fin 2006 avec début de mise en œuvre en 2007, d’un financement triennal, sur l’Initiative européenne pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) de
Aujourd’hui : une association de terrain
Aujourd’hui, l’association gère à Paris un centre de soins où les patients, victimes de torture, sont accueillis gratuitement sur rendez-vous. Par ailleurs, dans le cadre de différentes conventions de partenariat, ses équipes interviennent, depuis plusieurs années, dans quelques villes de province (Amiens, Troyes, etc.), principalement dans des centres d’accueil et d’hébergement.
Grâce à la subvention de
Soigner, informer et former sont les missions qui servent de fil conducteur à tous les projets que mène l’association.
Une mission essentielle : prendre en soins et soulager
La mission première de Parcours d'Exil est d’accueillir et de prendre en soins des personnes ayant subi des atteintes aux droits de l’homme, et particulièrement des victimes de torture. Hommes, femmes et enfants de toutes conditions, de toutes origines, souffrant des séquelles de traumatismes lourds, sont accueillis et pris en soins.
L’équipe de Parcours d'Exil engage avec chaque patient un cheminement thérapeutique permettant de restaurer l’estime de soi, de retrouver confiance en lui et en autrui. La finalité de cette démarche est, au-delà de ce mieux-être psychologique et physique, de s’intégrer au mieux dans la société.
C’est pour cette dernière raison que la thérapie vise aussi à créer un environnement dans lequel les patients retrouvent, ou découvrent, l’expérience de la démocratie, entendue comme système antagonique à la dictature politique ou familiale vécue précédemment. La prise en soins s’accompagne ainsi d’autres activités (art-thérapie, enseignement et activités culturelles) destinées à faciliter l’insertion sociale et culturelle des patients. Le Groupe Insertion créé par l’association accueille des patients qui bénéficient d’enseignements et d’activités variés, prolongement de la prise en soins destinée à permettre une insertion réussie.
Ce travail de thérapie et tout particulièrement l’attachement porté aux patients est repris dans le livre que vient de publier le Docteur Pierre Duterte, aux éditions JC Lattès « Terres Inhumaines » ouvrage préfacé par Maître Robert Badinter.
Dans sa préface Robert Badinter précise l’un des souhaits du Dr Duterte dans son témoignage : « Les victimes des tortures grâce à lui émergent de l’anonymat des statistiques et de l’abstraction des textes juridiques. L’être humain est d’abord corps. Et ces corps martyrisés, dans ces pages brûlantes donnent son sens à la lutte contre la torture. Ces femmes et ces hommes ont connu le pire, sous des régimes et des cieux divers, comme s’il existait à travers les temps et les sociétés, une internationale de la torture. Leur récit nous prend à la gorge. Ils ont enduré coups, brûlures, viols, étouffements, ruptures d’os et de tendons, privations de soins. A travers eux, nous vivons toutes les pratiques sophistiquées ou brutales de la violence physique ou morale sur l’être humain, qu’on veut faire souffrir jusqu’à la mutilation ou la mort pour lui arracher un secret ou simplement parce qu’il est l’Autre, l’être qui doit payer de son corps ou sa vie l’indignité d’être différent ou proclamé tel. Et aussi, les tortures plus subtiles qui visent à détruire psychologiquement l’être humain, en l’atteignant dans sa dignité, en ruinant en lui tout respect pour lui-même et pour les autres. Toute la panoplie du sadisme et de la cruauté se déploie dans ces tortures et demeurent inscrites dans la chair et dans l’âme de ces victimes. Saluons l’action du Dr Duterte, et pour donner aux survivants la joie de revivre parmi ceux qui n’ont pas connu la face noire de l’espèce humaine.
Au fil de ces pages, le lecteur mesurera mieux l’exigence de la lutte qui s’impose à nous. Au récit des souffrances, qui revêtent au long des temps une dimension quasi universelle, un pessimisme navré pourrait nous saisir. Quoi ! Tant de proclamations, et d’institutions pour éradiquer le mal, et le voir toujours présent, vivace à la surface du monde. Refusons ce découragement. Le livre du Dr Duterte nous invite à la lutte, non à la résignation. La torture est un crime toujours, partout, sous toutes ses formes. Un crime contre l’humanité qui s’incarne en tout être torturé. Il nous appartient de relever ce défi totalitaire, de dénoncer cet outrage majeur à la personne humaine et de combattre sans répit et sans faiblesse cette pratique immonde qui martyrise les être humains et déshonore l’humanité.
Un des moteurs de notre action est bien d'exposer au grand jour le conflit entre l’humanité de ces victimes et l’impensable barbarie, la basse sauvagerie de certains humains. Des "hommes" changés en monstres, en fonctionnaires de l’horreur, en exécuteurs de l’inexécutable.
Au-delà du travail assuré au centre de soins, les équipes de Parcours d'Exil sont mobilisées sur d’autres projets et actions dont l’objectif commun est d’améliorer, par des dispositifs concrets ou des démarches de lobbying, les conditions de vie en France des victimes de torture.
Former et sensibiliser
La transmission de savoirs et savoir-faire issus de son expérience constitue une des trois actions principales de Parcours d'Exil qui assure la formation de professionnels (travailleurs sociaux, médecins, psychologues, personnels d’accueil, etc.) travaillant au contact de demandeurs d’asile et réfugiés victimes de torture. L’accueil et l’accompagnement (qu’il soit social, juridique, médical) de victimes de torture nécessitent en effet de connaître, et d’identifier certaines des conséquences des traumatismes liés à ce vécu.
Les intervenants de Parcours d'Exil, médecins, psychothérapeutes, art thérapeute etc. ont développé un savoir et un savoir-faire spécifiques à la prise en soins des victimes de torture. S’ils connaissent et peuvent expliquer les souffrances particulières de ces hommes et femmes, ils savent aussi les difficultés et questionnements des personnels des administrations, centres d’accueil et de soins qui les reçoivent.
Puisque l’activité de Parcours d'Exil s’inscrit dans un maillage de structures dans lesquelles sont reçus demandeurs d’asile et réfugiés victimes de torture, l’équipe thérapeutique de l’association assure des formations à destination des personnels d’accueil et de soins de ces organismes. Il s’agit de donner à ces professionnels des clefs pour connaître, identifier et comprendre les séquelles psychologiques particulières dont souffrent les victimes de torture auprès desquelles ils travaillent.
Les sessions de formation sont donc l’occasion pour les professionnels de Parcours d'Exil de transmettre leurs connaissances et permettent un éclairage nouveau sur les particularités du travail auprès de victimes de torture.
Enfin, certains des intervenants de l’association assurent des formations et des supervisions auprès de publics de soignants, travailleurs sociaux et personnels d’accueil.
Informer et alerter responsables politiques et grand public
Une des missions de Parcours d'Exil est d’informer, voire d’alerter, les pouvoirs publics sur les conditions de vie en France des victimes de torture, et notamment leur situation sanitaire.
Il s’agit pour l’association d’attirer l’attention des responsables politiques sur la réalité des parcours des demandeurs d’asile et réfugiés et de leurs souffrances. Au-delà de cette seule interpellation, Parcours d'Exil entend partager son expérience et ses connaissances avec ces interlocuteurs, pour contribuer à l’adaptation et l’amélioration des dispositifs et structures chargés de l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés.
Ensuite, parce ce que le recours à la torture a pour finalité – et pour effet – de terroriser et de faire taire les populations qui en sont victimes, la mission de Parcours d'Exil est de prendre parole auprès du grand public. Le témoignage – qu’il porte sur la réalité de ces violations des Droits de l’Homme, qu’il rappelle la présence en France d’hommes, de femmes et d’enfants ayant réussi à fuir les exactions et les menaces ou la nécessité de leur prise en soins – est au cœur de l’action de l’association.
N’oublions pas que les victimes que nous recevons avaient, dans leur pays, quasiment toutes, une vie plus que correcte avant que les problèmes ne s’abattent sur eux. Qu’ils soient commerçants, médecins, enseignants, procureurs, étudiants ou fonctionnaires, etc. ils jouissaient dans leur immense majorité d'un niveau de vie tout à fait satisfaisant, et qui de toute façon, était très nettement supérieur à celui qui leur est imposé dans notre pays. Ce n’est pas l’envie de vivre dans la rue, en urgence sociale ou même en foyer qui les a fait venir.
Ils n’ont pas choisi ce type de vie… Ils ne nous ont pas choisi, pas plus qu'ils n'ont choisi la guerre, la terreur, la torture, tous ces traumatismes majeurs qui les ont envoyés vers nous. Dans ces temps troublés où l’on nous parle de choisir les immigrants qui seraient autorisés à venir sur notre sol, il est important que nous continuions à venir en aide à ces patients adultes mais aussi aux trop nombreux enfants, qui n’ont pas choisi la terreur, qui n’ont pas choisi d’assister à des massacres, qui n’ont pas choisi de devoir s’exiler ou qui ont du suivre leurs parents en exil.
L’exil n’est malheureusement dans la grande majorité des cas, pour nos patients, adultes ou enfants que LA solution de la vie.
pierre Duterte
Pierre Duterte: Editions JC Lattès 'Terres inhumaines' un médecin face à la torture, préface de Maître Robert Badinter.
http://www.pierreduterte.comhttp://www.pierreduterte2.comcontact@pierreduterte.com


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