France Télévision : création audiovisuelle un alibi pour la publicité en 2008
Pour permettre à France Télévisions de résister au « tremblement de terre » que représente la montée en puissance des chaînes de la TNT qui effritent, de mois en mois, l'audience des grandes chaînes dites généralistes, Patrick de Carolis souhaite consacrer 15 à 20 millions d'euros supplémentaires par an à la création audiovisuelle (soit une augmentation de 5%).
Là où le bas blesse, c’est que Patrick de Carolis souhaite réaliser l'équivalent en recettes additionnelles de publicité pour financer cette création…
… D'où sa demande d'obtenir une coupure publicitaire dans les émissions de jeu et de divertissement.
Un projet de décret serait en préparation en ce sens, qui aurait le soutien de l'Élysée et de Bercy.
Le ministère de la Culture, quant à lui, préférerait une hausse de la redevance.
C’est quoi la montée en puissance de la TNT ?
A la rentrée 2008, afin de résister à la montée en puissance de la TNT, qui génère une érosion des recettes publicitaires des chaînes généralistes et plus particulièrement de celles du service public, du fait d’une offre publicitaire crédible élargie proposée aux annonceurs, France Télévisions souhaite augmenter son propre volume publicitaire.
En effet sur le cumul des 9 premiers mois 2007 vs le même cumul 2006, les chaînes de la TNT, du câble et du satellite enregistrent une forte progression avec +52,2% de leur chiffre d’affaire publicitaire brut, alors que France 2 régresse de 6,5 % et France 3 de 4,8%.
A noter que dans cette même période, les concurrents généraliste du service public M6 et TF1, réalise respectivement +5,1% et +1,3%. (Source Yacast Bilan publicitaire cumul janvier – septembre plurimédia 2007)
Il semble bien qu’il y ait, plutôt qu’une montée en puissance de la TNT, une véritable fuite des revenus publicitaires des chaines généralistes du service public vers la TNT.
C’est quoi une stratégie de l’accroissement du gâteau publicitaire ?
Plutôt que de reprendre des parts de marché sur le périmètre actuel à ses concurrents de la TNT, France Télévision souhaite demander une augmentation des coupures publicitaires sur ses chaînes à hauteur de 15 à 20 Millions d’euros net. Le service public veut donc augmenter de 15 à 20 M€ le gâteau publicitaire de la TV en France.
Cette stratégie d’élargissement du « gâteau » publicitaire fait d’ailleurs des émules, comme Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, qui a profité de cette occasion pour demander une seconde coupure sur les films, afin dit-il de soutenir les « œuvres patrimoniales ».
Néanmoins, cette stratégie « de l’alibi culturel » de la TV inquiète les concurrents média et notamment les syndicats de presse, qui s'opposent à une disposition qui reviendrait, selon Denis Bouchez (SPQN), à « priver la presse de ses moyens pour reconquérir ses lecteurs ». En clair, pour les syndicats de presse, si l’offre publicitaire TV augmente, les revenus publicitaires de la Presse vont baisser. Pour Stéphane Martin du syndicat national de la publicité à la télévision « Il n'est nullement prouvé que la presse va moins bien s'il y a plus de pub à la télé ».
Et toi le téléspectateur, entre le marteau et l’enclume tu choisis quoi ?
45 % des Français choisissent le marteau à savoir de se payer une augmentation des écrans de publicité dans leurs programmes préférés, contre 11 % qui préfèrent l’enclume c'est-à-dire de se payer une bonne hausse de la redevance ! (sondage publié cet été dans Le Parisien)
Bonne nouvelle, il reste 44% de français qui ne préfèrent rien du tout !
Tout le monde s’en fout !
Si en 1983, 50% des français n’aimaient pas la publicité à la télé, en 2002 61 % ne l’aimaient toujours pas et en 2005, 69 % des français, après mûres réflexions ne l’appréciaient toujours pas, pourtant cela ne les empêche pas de regarder de plus en plus la télévision. Au cours de la période janvier-février 2007, la durée d'écoute quotidienne de la télévision auprès des individus âgés de ‘4 ans ou +’ abonnés à une offre élargie de chaînes a progressé de 10 minutes et a atteint un niveau exceptionnel de 3 heures et 55 minutes par jour. (Source SNPTV décembre 2007)
(Sondages : Le Parisien / SOFRES avril 1983, TNS SOFRES STRATEGIES septembre 2002, SOFRES octobre 2005)
Alors des jeux en Access prime-time contre un baril de lessive, des feuilletons quotidiens contre une couche-culotte, de la fiction réaliste contre un opérateur de téléphonie mobile, de la téléréalité contre des consoles, de l'info contre des assurances et du cinéma contre des DVD, de toute les façons en 2008, vous en aurez toujours plus !
Bruno VONEM














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