Il y a quelquechose de croustillant à contempler l’évolution de « l’affaire » Les Echos/La Tribune.
Des centaines de journalistes de La Tribune et des Echos, qui font profession des lois du capitalisme et s’enrichissent, intellectuellement s’entend, des raids du CAC 40, viennent de prendre conscience que les leçons qu’ils donnent tous les jours aux autres, pourraient s’appliquer aussi à eux.
Mais sans doute la Presse n’est-elle pas un secteur d’activité comme les autres, l’argent du capitalisme ne doit pas effleurer la sensibilité journalistique, si éloignée de ses intérêts bassement matériels. Sauf quand la Presse est à l’agonie, La Tribune par exemple, ou là on veut bien condescendre à laisser un industriel boucher les trous. A condition bien sûr que le bailleur de fond ne veuille pas, en plus, se mêler de la ligne éditoriale du journal. Il ne manquerait plus que cela. Paye et ferme là !
Quant aux journées de grève des Echos, sensées prévenir l’éventualité d’une possible immiscion de Bernard Arnault dans la ligne éditoriale d’un journal qu’il n’a pas encore acheté, elles rappellent les grèves préventives des cheminots CGT de la SNCF. Celles-la mêmes que ces journalistes pourfendaient en leur temps !
Bernard Arnault n’est pas un enfant de cœur. Il rachète les Echos pour le « pouvoir d’influence » qu’il va lui donner, ou plus exactement que l’on va lui prêter. Lequel « pouvoir d’influence » est bien souvent le moteur professionnel des journalistes. Finalement Bernard Arnault et bien des journalistes s’intéressent à ce métier pour les mêmes raisons, il y a juste une différence d’échelle.
Mathieu Blanchard
Directeur délégué de Vaucluse l'hebdo, du Républicain d'Uzès et du Régional, l'hebdomadaire de Salon de Provence .


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