"Jamais sans mon Nokia"
Dernière mise a jour : 17h20
La diffamation n’est plus réservée a la seule presse écrite. Sur le terrain de l’information locale, la tension monte. La ville de Puteaux entame son troisième procès contre MonPuteaux.com et Chartres veut mener trois blogs de son agglomération devant les tribunaux. Quand le journalisme citoyen fait l’apprentissage des risques du métier…
Gérard Leray, initiateur,en février 2006, de La Piquouse de rappel, est poursuivi par Jean-Pierre Gorges, député-maire de Chartres, pour diffamation. En cause, la publication le 26 juin dernier, d’une réponse d’Olivier Ducatel, pdg d’un hypermarché de l’agglomération, a la lettre du maire distribuée a Barjouville avant le 2ème tour des élections législatives ; l’élu réclame 20.000 euros de dommages et intérêts et frais d’avocat au blogueur. La Piquouse de rappel ayant inspiré les blogs Barjouville.fr et My Chartres (qui a "jeté l'éponge" depuis), ces derniers sont également visés dans la procédure. Christophe Grébert, qui en est a son troisième procès contre Puteaux, s’est fixé un principe : « J’assume et je revendique ma subjectivité et ma critique. Je publie ce que je veux». A l’origine de cette déferlante procédurière, une vidéo publiée sur Dailymotion le 7 juillet dans laquelle on aperçoit — de dos — des policiers municipaux (au milieu de policiers nationaux). « La députée-maire, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, responsable de la police municipale, veut me faire condamner pour avoir filmé ces fonctionnaires ». Aujourd’hui, le blogueur est en lice pour les élections municipales de 2008 et lance un projet citoyen, basé sur les suggestions de ses lecteurs. Le grenoblois Chrystophe Oléon, du Greblog, élu « meilleur blog local citoyen de l’année 2006 », n’a pas eu de problème avec les pouvoirs locaux. « Je n’ai jamais soutenu de ligne politique dans ce que je publiais. Je me contente d’observer ». Ces blogs locaux sont lus par les hommes politiques et servent de baromètre populaire. En bonne logique, il ne peuvent pas être tout a fait neutres.
En matière de blog, et surtout lorsqu’il s’agit d’une une information politique, la question de l’apprentissage de la place publique s’impose. « Apprendre a s’exprimer publiquement est important. Le citoyen ne sait pas ce qu’il peut dire. Le faire, c’est comme apprendre a marcher » affirme Christophe Grébert. Aurélien Centelles, l’a vécu a ses dépends. Journaliste a l’Hebdo de Besançon et responsable du Bisontin depuis huit mois, il a retiré un article de son blog "par conscience professionnelle". Le 19 août dernier, le blogueur a publié une photo qui montrait un agent de police — non reconnaissable — qui faisait ses courses durant son service. Le lendemain, l’Est républicain ironise sur cette histoire qu’il qualifie d’acte de « délation ». Mais l’information a grossi dans l’agglomération, qui lui a valu les critiques de la police. Aussi a-t-il préféré retirer son billet et aujourd’hui, même le droit de réponse au journal qu’il avait publié sur son blog n’existe plus. Apprentissage de la chose publique ou autocensure ?
Clothilde Le Coz
La diffamation n’est plus réservée a la seule presse écrite. Sur le terrain de l’information locale, la tension monte. La ville de Puteaux entame son troisième procès contre MonPuteaux.com et Chartres veut mener trois blogs de son agglomération devant les tribunaux. Quand le journalisme citoyen fait l’apprentissage des risques du métier…
Gérard Leray, initiateur,en février 2006, de La Piquouse de rappel, est poursuivi par Jean-Pierre Gorges, député-maire de Chartres, pour diffamation. En cause, la publication le 26 juin dernier, d’une réponse d’Olivier Ducatel, pdg d’un hypermarché de l’agglomération, a la lettre du maire distribuée a Barjouville avant le 2ème tour des élections législatives ; l’élu réclame 20.000 euros de dommages et intérêts et frais d’avocat au blogueur. La Piquouse de rappel ayant inspiré les blogs Barjouville.fr et My Chartres (qui a "jeté l'éponge" depuis), ces derniers sont également visés dans la procédure. Christophe Grébert, qui en est a son troisième procès contre Puteaux, s’est fixé un principe : « J’assume et je revendique ma subjectivité et ma critique. Je publie ce que je veux». A l’origine de cette déferlante procédurière, une vidéo publiée sur Dailymotion le 7 juillet dans laquelle on aperçoit — de dos — des policiers municipaux (au milieu de policiers nationaux). « La députée-maire, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, responsable de la police municipale, veut me faire condamner pour avoir filmé ces fonctionnaires ». Aujourd’hui, le blogueur est en lice pour les élections municipales de 2008 et lance un projet citoyen, basé sur les suggestions de ses lecteurs. Le grenoblois Chrystophe Oléon, du Greblog, élu « meilleur blog local citoyen de l’année 2006 », n’a pas eu de problème avec les pouvoirs locaux. « Je n’ai jamais soutenu de ligne politique dans ce que je publiais. Je me contente d’observer ». Ces blogs locaux sont lus par les hommes politiques et servent de baromètre populaire. En bonne logique, il ne peuvent pas être tout a fait neutres.
En matière de blog, et surtout lorsqu’il s’agit d’une une information politique, la question de l’apprentissage de la place publique s’impose. « Apprendre a s’exprimer publiquement est important. Le citoyen ne sait pas ce qu’il peut dire. Le faire, c’est comme apprendre a marcher » affirme Christophe Grébert. Aurélien Centelles, l’a vécu a ses dépends. Journaliste a l’Hebdo de Besançon et responsable du Bisontin depuis huit mois, il a retiré un article de son blog "par conscience professionnelle". Le 19 août dernier, le blogueur a publié une photo qui montrait un agent de police — non reconnaissable — qui faisait ses courses durant son service. Le lendemain, l’Est républicain ironise sur cette histoire qu’il qualifie d’acte de « délation ». Mais l’information a grossi dans l’agglomération, qui lui a valu les critiques de la police. Aussi a-t-il préféré retirer son billet et aujourd’hui, même le droit de réponse au journal qu’il avait publié sur son blog n’existe plus. Apprentissage de la chose publique ou autocensure ?
Clothilde Le Coz














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