Le fantasme de l'indépendance
Le rachat du quotidien Les Echos par Bernard Arnault a relancé lé débat sur l'indépendance des journalistes par rapport au pouvoir financier. Evénement historique: pour la première fois depuis sa création il y a un siècle, Les Echos ont fait grève pour mettre en garde le futur acquéreur sur son indépendance éditoriale. Une paradoxe pour le premier quotidien économique et financier de l'hexagone vendu 250 millions d'euros au patron de LVMH et considéré par le landernau boursier comme la bible de l'information financière.
Après Libération, sauvé de justesse par Edmond de Rotschild, Les Echos, repris par l'une des plus grosses fortunes de France. Deux rachats mais une préoccupation commune aux deux rédactions: la liberté d'expression face a l'argent du capital. Mais qui aujourd'hui peut se vanter de faire vivre et se développer une entreprise sans capitaux, même de presse. Qui peut contester aujourd'hui que la presse nationale n'est pas en situation financière périlleuse. Bernard Arnault, qui va lâcher La Tribune en difficulté, est bien inspiré en reprenant Les Echos pour faire une opération financière et parier sur l'avenir. Qu'un grand patron s'intéresse a un quotidien est plutôt une bonne nouvelle. Mais pour une entreprise de presse en bonne santé, combien sont au bord du dépôt de bilan?
Le souci de l'indépendance est certes légitime, et les sociétés de rédacteurs sont la pour veiller au grain. Mais le fantasme qui consiste a croire que les rédactions sont a la botte des financiers relève d'une utopie et d'une méconnaissance totale du métier de journaliste. C'est oublier un peu vite la période de l'ORTF et des journaux qui se faisaient dans les bureaux des ministres...Plutôt que de se donner une posture caricaturale sur l'argent des médias, posons-nous plutôt de vraies questions: pourquoi la presse quotidienne nationale est-elle aussi précaire, pourquoi les titres souffrent-ils face a la presse gratuite et a Internet, pourquoi les éditeurs ne peuvent-ils pas choisir leurs imprimeurs, qui reste le monopole du livre CGT, et leurs diffuseurs, car sans NMPP, point de salut alors que tout autre secteur fait l'objet d'une libre concurrence? Pourquoi autant d'archaïsme a une époque où la Toile dérégule le marché de l'information? Autant de questions qui appellent des réponses. Et des solutions. A très court terme...A moins de penser que la vraie indépendance qui vaille...est celle de mourir.
Alain Barbanel
Au sujet de l'indépendance des journalistes, voici une vidéo de Jérôme Bouvier, président de l'association "Journalisme et Citoyenneté", qui a eu l'idée d'organiser des Assises internationales du journalisme au mois de mars 2007.
Selon lui, la définition du journalisme n'est pas suffisante en l'état. Il s'agit de redéfinir le métier en préservant l'indépendance des rédactions, garante de la crédibilité des journalistes et donc de la confiance du public.
A ce titre, il travaille a l'élaboration d'une Charte des journalistes qui permettrait de définir la qualité de l'information














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