En cette période estivale durant laquelle les magazines dits "people" connaissent de beaux jours sur les plages françaises, le BlogMédias s'est intéréssé a la notion de vie privée. En matière de droit a l'image, le droit français est très strict par exemple. Il régit non seulement le droit a chacun sur sa propre image mais aussi sur celles des biens dont il est propriétaire. Devant la recrudescence de procès auxquels les médias doivent faire face, la loi a établi des grandes lignes. La séparation entre vie publique et vie privée est claire. La notion d'intimité l'est moins.
Oui, les vedettes sont protégées contre toute reproduction de leurs photographies ne respectant pas leur vie privée. Mais les tribunaux considèrent comme licites les photos d'actualité qui répondent au besoin d'information du public et il est également possible de filmer une personnalité dans l'exercice de ses fonctions. Les photos de jeunesse de Rachida Dati répondaient-elles a un besoin d'information du public?
En ce qui concerne Ségolène Royal et ses vacances en Corse, son avocat avait affirmé que "les photos n'avaient strictement aucun rapport avec l'article. Il s'agissait donc d'un voyeurisme sans rapport avec "l'information que l'on souhaitait donner". "C'est une illustration tout a fait incongrue d'un sujet apparemment politique". Mais Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match, estimait que "les destinations de vacances des grandes personnalités politiques sont, l'été, dans le monde comme en France, un sujet d'information légitime, d'autant que Ségolène Royal était au cœur de l'actualité" a ce moment la. Pourtant, l'ex-candidate a la présidence n'a pas porté plainte contre le journal. La vie privée fait aujourd'hui partie de l'image d'une personnalité. On se souvient tous du scandale qu'avait soulevée l'apparition du petit Louis Sarkozy félicitant son père dans le "spot" consacré a son investiture en tant que président de l'UMP en 2004. La vie privée et le besoin d'information du public peuvent-ils se confondre a ce point?
Ce que l'on appelle viol de la vie privée est en réalité le viol de "l'intimité" de la vie privée. Cette notion est beaucoup plus floue dans le droit français et n'admet pas de réelle définition. Pour Henri-Pierre Jeudy, sociologue au CNRS et écrivain, "le partage visuel de l'intimité semble nous appeler a "être intimes ensemble" (...) Qu'il s'agisse du recours a l'écriture ou a l'image, l'exhibition de l'intimité est devenue une pratique publique". L'intimité a-t-elle encore sa place dans un cyberespace qui publie photos et ragots au fil de la spontanéité de ses utilisateurs? Serait-il possible de porter plainte contre les personnalités pour intrusion dans notre vie privée?
Clothilde Le Coz





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