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13/03/2008
Plus tard mais plus près
Fausses sorties et vraies démissions au Monde, polémiques autour de la suppression de la publicité sur la télévision publique, règlement en vue, quoique, dans l'affaire des rachats des Echos et de La Tribune, rebondissements quasi-quotidiens, voire nuptiaux, du roman-photo élyséen: les chroniques "médias" des journaux tournent à plein régime. De tout cela, vous ne trouverez rien ou presque dans ce numéro de printemps de Médias. Non par mépris de ce qui pourrait être perçu comme l'écume d'une actualité vite oubliée après un bref passage à la une des journaux. Non que la "pipolisation" de l'information ne nous semble pas digne d'attention. Non que les soubresauts à la tête de nos grands quotidiens soient réductibles à d'inextricables querelles de clans ou d'ego, et donc de peu d'intêret. Nous n'entendons pas nous réfugier dans des débats académiques, ni fuir les questions qui gênent, même si notre profession a toujours préféré donner des leçons qu'en recevoir, sous prétexte que la moindre mise en cause relèverait de l'ingérence, si ce n'est de sombres pressions ou d'atteintes déguisées à son indépendance.
Non, si nous ne traitons pas, du moins pas directement, de ces sujets, c'est d'abord pour des considérations techniques: notre rythme de parution et nos délais de bouclage ne nous permettent pas de suivre au plus près l'actualité. Mais il est une deuxième raison, à nos yeux essentielle: nous sommes persuadés que la mise à distance- imposée par notre périodicité- a du bon. Il suffit de lire quelque vieil hebdo oublié dans une salle d'attente pour prendre la mesure des méprises que commettent billettistes, analystes et éditorialistes pressés par le temps. Trimestriel, nous sommes obligés de prendre ce temps qui leur fait défaut. Sans nous garantir en rien contre les erreurs d'appréciations ou les pronostics erronés, ce délai supplémentaire permet au moins de les réduire.
Et puis, quand Jean Lacouture s'interroge, dans nos colonnes, sur les rapports qu'entretiennent la démocratie et le secret, quand Rama Yade nous raconte dans le détail ce qui nourrit sa peur d'être piégée par les médias, quand Pierre Péan témoigne de ce qu'il en coûte de n'être pas au diapason des idées convenues, nous ne pensons pas nous éloigner du vrai sujet: mieux hiérarchiser et donc mieux comprendre ces informations qui, trop souvent, nous submergent. Ce qui est, après tout, la raison d'être de notre revue. Et, nous semble-t-il, votre exigence.
Médias
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