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15/03/2007

"Les éléphants et la porcelaine"

c3254a697b258ccffc6019c3066971c1.jpgLa "guerre au terrorisme" et l’obsession sécuritaire qu’elle propage rendent peu à peu acceptables toutes sortes de restrictions. Y compris dans les médias. S’il faut se déshabiller avant de monter dans un avion, se défaire d’un biberon louche ou d’un dentifrice délictueux, les portails ne tarderont pas à couiner pour dénoncer le porteur de nouvelles. Il nous semble parfois qu’on prépare les esprits à trouver naturelle cette absurde anticipation. A la répression brutale des tyrans s’ajoute désormais la vertueuse coercition de démocraties qui ont fait de la précaution un principe, donc un devoir indiscutable. Dans son expression la plus douce, cela donne les appels réitérés à la "prudence", au "sens des responsabilités", au respect de ceci et de ceux-là . Bien sûr, il n’est pas question de s’en prendre au droit d’informer, mais on sent bien que ce dernier - c’est le cas de le dire - est plus ou moins ouvertement invité à se soumettre à des intérêts supérieurs.

S’il convient de se garder de ses ennemis, faudra-t-il aussi se charger de ses amis ? Au sein même de la profession se font jour le doute pernicieux, la mise en cause lancinante, voire le défaitisme. Le doute est utile quand il est fécond, disait Elie Faure, et il n’est jamais mauvais de se remettre en cause. Cet examen de conscience serait donc salutaire si l’on y reconnaissait, en creux, la défiance générale dont il vient d’être question. Les coups de semonce à répétition, les mises en garde, les procès d’intention produisent d’autant mieux leur effet corrosif qu’ils s’appuient sur d’indéniables bévues et des ratages d’anthologie. Quand on a failli, l’estampille "lynchage médiatique" appliquée à la moindre révélation, l’accusation d’"irresponsabilité", accolée à un propos tant soit peu pugnace, sont de nature à aiguiser le sentiment de culpabilité. Et si, non contents d’être des indigents économiques à la merci d’une charette de passage, nous étions par surcroît des malfaisants, incontrôlables et arrogants ? Et si les journalistes se comportaient comme des éléphants dans un magasin de porcelaine ? Pourquoi pas, en effet ? Sauf à dire qu’au bout du compte la porcelaine, elle, n’est pas une espèce menacée... Sur le chemin très fréquenté de la repentance, on s’adonne à l’usage personnel du cilice ou de l’anathème confraternel. Puisqu’il s’agit d’un combat douteux, d’un travers périmé, expions courageusement. Et abandonnons le terrain : d’un côté à la com’, de l’autre au blogging matinal, tellement plus frais, tellement plus tendance et exempt de toute règle. Un confrère recommandait récemment d’apprendre à nager dans le sens du courant. C’est précisément le conseil que Balzac donnait, non aux esprits libres, notez bien, mais aux carriéristes. Allons ! Le débat n’est pas clos. Tant mieux : un bon vieux débat discordant est, en définitive, moins pénible à entendre que la basse continue de la déploration.

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15/03/2007

"Isabelle Giordano : "j’ai une carte de presse et j’en suis fière""

De « Madame cinéma » � la biographie de Martine Aubry, Isabelle Giordano, aujourd’hui � France Inter et sur France 2, est une « touche-� -tout ». Eloge des femmes, du métissage et... du service public.

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger

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15/03/2007

"Alain Minc : Colombani, Plenel, Le Monde et moi"

Dans une époque qui ne parle que complots et réseaux, Alain Minc serait une sorte de deus ex machina. Il est - ou on le voit - derrière toutes les grandes transactions entre groupes de presse. Le président du conseil de surveillance du Monde répond aux questions de Médias, � toutes les questions. Pugnace.

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard

Quels journaux lisez-vous ? Je commence le matin par L’Équipe, Le Parisien, puis Le Figaro, Libé, La Tribune et Les Echos. Ensuite, des étrangers : Wall Street Journal, Financial Times et, évidemment, Herald Tribune. En début d’après-midi, Le Monde, bien sûr. Je lis tous les hebdos et, de manière régulière, The Economist et The New Yorker. Je poursuis quelquefois ma lecture le soir � la maison. Ça me prend deux heures environ. Télé ?Pas grand-chose, � part le foot. Radio ? Le minimum nécessaire. France Info dans la voiture. Internet ? Je m’en sers comme un vieux : je réponds à mes e-mails. Pas de blog ? Non. Vous y avez pensé ? Non. J’écris tous mes bouquins au stylo. Je ne suis pas journaliste ; je n’ai jamais appris � taper � la machine.

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15/03/2007

"Antoine Jacob : L'Eldorado norvégien"

Voil� un pays riche, très riche. Où la presse se porte bien, très bien. A rendre jaloux nos journaux sevrés de lecteurs. Visite guidée du royaume où la presse est reine.

Antoine Jacob

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15/03/2007

"Regarder les choses en face par Gérard Lefort"

En un demi-siècle, le World Press Photo est devenu une sorte de Nobel de la photographie. Quel point commun entre les images des lauréats ? « Une consistance, une épaisseur, répond Gérard Lefort, qui donne envie d’agir, ensemble, vraiment, dès � présent. »

Gérard Lefort

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15/03/2007

"July/ Libé : Autopsie d’un clash"

Aujourd’hui � RTL, Serge July revient, pour la première fois aussi longuement, sur son départ de Libération. S’il se refuse � régler des comptes, il n’en dit pas moins ses quatre vérités, coups de pattes � l’appui... Sans aigreur mais non sans passion. Une aventure qui vaut leçon pour l’avenir de la presse en France.

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard

Comment s’est passée votre première rencontre avec Édouard de Rothschild ? Au départ, en 2004, c’est Vincent Bolloré qui nous a fait une offre sur la base d’une prise de participation minoritaire, mais il souhaitait une contribution systématique de la rédaction de Libération � ses projets médias, sans que nous soyons associés � leur définition. Avec l’ambition de constituer un véritable groupe de médias, ce qu’il est d’ailleurs en train de faire. Mais il n’avait pas forcément le meilleur profil pour entrer dans le capital de Libération : notre idée était plutôt de réunir un actionnariat pluriel, en nous appuyant sur un industriel du secteur susceptible de nous apporter beaucoup en expérience. Et puis, Édouard de Rothschild a manifesté son intérêt pour les médias, puis pour Libération en particulier. Nous sommes entrés en contact au début de l’été 2004. Il est allé très vite. Indépendant, sans attache dans les médias, il nous permettait de conserver la géographie juridique du journal, qu’il ne remettait pas en cause.

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15/03/2007

"Patrice Lestrohan : Ségolène Royal, reine de la com’"

Ségolène Royal manie avec dextérité la communication et les sondages. Et cela ne date pas d’hier : on se souvient encore des photos de Match dans sa chambre � la maternité. Quant � ses « débats participatifs », ne ressemblent-ils pas � de banales « réunions qualitatives » de consommateurs ?

De quel grand politique nécessairement génial, cet aphorisme confondant et trop méconnu : « La communication doit précéder l’action et parfois même s’y substituer ! 1 » ? Histoire de vous épargner de fastidieuses recherches, on vous fournit tout de suite la réponse : du candidat � la présidentielle 2007 Nicolas Sarkozy, voil� très exactement quatorze ans, quelques jours après son entrée au ministère du Budget dans le gouvernement Balladur et devant les membres de son cabinet. Il aura été entendu au-del� de toute espérance, et d’abord au-del� de son propre camp. Même s’il apparaît cruel de le souligner, pour mener sa propre campagne, la candidate socialiste Ségolène Royal pourrait bien avoir adopté cette commode ligne de conduite.

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15/03/2007

"Alain Duhamel : "je ne suis pas manipulable""

Sa première soirée électorale remonte � 1974. Depuis, on le voit, on l’entend, on le lit. A 66 ans, Alain Duhamel s’impose six heures de lecture par jour.Trois pour la presse, trois pour les livres. Image du journaliste politique par excellence, il cristallise sur sa personne le désamour des Français... Réaction.

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger, Dominique Gerbaud et Robert Ménard

Vous êtes le symbole du journaliste politique, pour le meilleur et pour le pire, diront certains. J’ai toujours voulu exercer cette profession : journaliste, mais politique. Ça fait quarante-cinq ans que ça dure, le regard des gens a changé. On est passé d’une période de « consécration » de la politique � un désenchantement, avec toutes les accusations que cela implique.

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15/03/2007

"Emmanuel Todd : "L’incantation se substitue � l’information""

Pourquoi aiment-ils tant Emmanuelle Todd ? De tous bords, ils envoient leurs conseillers dans ses colloques, ils l’invitent dans leurs dîners de campagne, lisent pieusement ses interviews. Sans doute parce que cet historien imperméable aux idéologies leur paraît mieux avisé que nos intellectuels pontifiants. Rencontre avec un homme que les politiques prennent pour un marabout.

Entretien réalisé par Olivier Bouchara et Jean-Baptiste Roques.

En décembre dernier, vous avez qualifié Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy de « candidats du vide », incapables de comprendre les attentes des classes populaires. Quelques semaines plus tard, tous deux multiplient les déclarations sur le « pouvoir d’achat » et la « vie chère ». Vous auraient-ils entendu ? Vous plaisantez ?

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15/03/2007

"Patrick Eveno : On regrettera bientôt Robert Hersant..."

Voué aux gémonies du temps de sa toute-puissance, Robert Hersant va-t-il, crise aidant, susciter une nostalgie posthume ? Appendice ironique � « Figaro-ci, Figaro-l� », publié dans Médias n°11.

Patrick Eveno

Qui se souvient encore de Robert Hersant, le « papivore » � la réputation sulfureuse ? Collaborateur et homme d’affaires plus ou moins licites, politicien sans opinions si ce n’est la préservation de son immunité parlementaire, Robert Hersant a mené pendant plus de quarante ans une carrière de repreneur de quotidiens et d’homme d’influence. Honni par les syndicats de journalistes et les sociétés de rédacteurs, il était largement soutenu par le syndicat du Livre.

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15/03/2007

"Jacques Molénat : Georges Frêche : des médias sous surveillance"

Qui, aujourd’hui, ne le montre pas du doigt ? Georges Frêche fut pourtant, et longtemps, une icône de la réussite. « Bâtisseur », « visionnaire », il avait fait de Montpellier une « surdouée ». Retour sur des années de règne et ses rapports avec la presse. Un cocktail de séduction, de menaces et de gros sous.

Longtemps Georges Frêche traita royalement les journalistes. Au zénith de son pouvoir, l’ancien maire de Montpellier, aujourd’hui président de la région Languedoc-Roussillon, conviait chaque mois les représentants de la presse locale � l’hôtel de ville pour de plantureux petits déjeuners de presse servis avec empressement par un garçon en veste blanche et, surtout, un one-man-show du maître des lieux qui pouvait se prolonger jusqu’� midi, festival de réflexions de haute volée, de vachardises, d’échappées géostratégiques, de formules � l’emporte-pièce. On le sentait emporté par sa connaissance des dossiers et par le désir d’épater ses invités. Lui qui aspire � tout maîtriser a pourtant un problème avec les journalistes : « Ils ont le dernier mot. » Alors prudence : « Je ne leur dis que ce que je veux bien leur dire.

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15/03/2007

"Edouard Tétreau : Analystes, journalistes, même combat ?"

Edouard Tétreau est l’analyste financier qui a annoncé, en mars 2002, le « débarquement » de Jean-Marie Messier. « Comme les contrebandiers qui deviennent douaniers », il conseille aujourd’hui les dirigeants d’entreprises face aux marchés financiers. Et recommande d’investir dans l’écrit.

Entretien réalisé par Hervé Lavergne et Christophe Labarde

Racontez-nous la journée de travail « type » d’un analyste... L’analyste se lève tôt, très tôt même - comme au Monde -, pour recueillir les informations les plus fraîches, en commençant par la clôture de la Bourse de New York, qui donne souvent le tempo. Il prépare ensuite le contenu de son intervention � la « conférence de rédaction » du matin (morning meeting), où il va défendre ses sujets face aux vendeurs (sales).

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15/03/2007

"Lucie Morillon : Un paysage audiovisuel en pleine effervescence ?"

Le marché de l’information internationale en anglais, jusqu’ici monopolisé par les géants anglo-saxons BBC World et CNN Interna-tional (CNNI), a récemment été pris d’assaut par Al Jazeera English et France 24. Leur ambition : apporter un point de vue différent sur l’information. En principe du moins. Mais � l’écran ?

Lucie Morillon

Analysés courant janvier, les programmes de CNNI, la BBC, Al Jazeera English et France 24 donnent l’impression que, dans les bulletins d’information, le choix des gros titres est pratiquement identique d’une chaîne � l’autre. Aucune ne prend le risque d’ouvrir sur un conflit oublié ou un pays obscur. Parmi les sujets omniprésents (15 et 16 janvier), on citera l’exécution du demi-frère de Saddam et de l’ancien chef de sa police secrète, le déplacement de Condoleeza Rice au Moyen-Orient ou le procès du « complot terroriste avorté » de juillet 2005 � Londres...

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15/03/2007

" Frédéric Taddeï : "L’important c’est le panache""

Autodidacte touche-� -tout, professionnel qui s’en défend, bourreau de travail nonchalant, Frédéric Taddé�? anime « Regarde les hommes changer » sur Europe 1 et « ce soir ou jamais », première émission culturelle quotidienne, sur France 3. Rencontre avec un anticonformiste.

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger

On vous qualifie d’« intellectuel branché », de « conceptuel chic »... On disait ça quand je faisais « Paris Dernière ». Les gens pensaient que, dans cette émission, je ne rencontrais que des branchés et des « partouzeurs ». Mais j’ai également croisé d’anciens et de futurs Premiers ministres, de grands écrivains ou des vedettes très populaires, comme Patrick Sébastien, Rika Zaraï ou Serge Lama. Je m’intéressais � eux autant qu’aux autres. C’est d’ailleurs pour cela que je suis arrivé sur Europe 1, puis sur France Télévisions.

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15/03/2007

"Robert Redeker : Les nouveaux censeurs"

Le conformisme serait-il en passe d’assassiner la liberté d’expression ? Robert Redeker, qui a chèrement payé son refus de s’y plier, plaide ici pour le droit de déranger. Y compris cette « société civile », aujourd’hui parée de toutes vertus...

Robert Redeker

Pendant des siècles, la liberté d’expression fut bâillonnée par des États, des institutions, des Églises. En France, durant les périodes les plus sombres de l’Ancien Régime, l’Église et l’État se donnaient la main pour étouffer toute velléité d’expression émancipée des dogmes. Au xviie siècle, Descartes se sentit contraint de ne point rendre publique son approbation des idées de Galilée. En plein xviiie siècle, le chevalier de La Barre fut exécuté pour crime d’impiété : il n’avait pas salué le passage d’une procession.

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15/03/2007

"Jean-François Julliard : Israël : la censure d’un commun accord"

1948 : Naissance d’Israël. Le nouvel Etat hébreu hérite une partie de sa législation de l’ancien mandat britannique. Parmi ces textes figure une loi sur la presse (1945) qui instituait une censure préalable aux publications. Près de soixante ans plus tard, elle existe toujours.

Jean-François Julliard

Partout dans le monde, le recours � cette pratique soulèverait une immense vague de protestations. Pas en Israël. Ni les journalistes ni les défenseurs des droits de l’homme ne semblent la remettre en cause. Son intitulé même - « censure militaire » - ne choque pas. « Ici, nous appelons un chat, un chat », explique Amos Shapira, professeur de droit � Tel-Aviv, également membre du Conseil de la presse israélienne. Chaque année, l’armée établit, en concertation avec les grands médias israéliens, une liste de sujets qui doivent passer entre les mains de la censure.

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15/03/2007

"Alexandra Feytis : Le portable au secours de la presse"

Dernière coqueluche des médias : le téléphone portable. De l’Asie � l’Afrique, en passant par l’Europe, le mobile s’est peu � peu introduit dans les rédactions. Petit tour d’horizon.

Alexandra Feytis

ll y aurait environ deux milliards de téléphones portables dans le monde et nous devrions atteindre le milliard supplémentaire d’ici � 2010. Les pays en voie de développement, notamment l’Asie et l’Afrique, sont principalement concernés. Pour les médias, c’est un nouveau marché qui s’ouvre. Et fait rêver. En Afrique du Sud, par exemple, on compte 23 millions de téléphones cellulaires pour 5,3 millions d’ordinateurs. Du coup, le choix est évident. Juliette Saunders, rédactrice en chef du site web du quotidien sud-africain The Times, explique : « C’est très important pour nous, le téléphone portable nous permet surtout de rester en contact avec nos lecteurs-consommateurs tout au long de la journée. » Deuxième quotidien au monde en termes de ventes avec 12 millions d’exemplaires par jour, l’Asahi Shimbun a su saisir le créneau.

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15/03/2007

"Maître Jacques-Georges Bitoun : "La presse est manipulée par la justice""

Le 21 décembre 2006, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a confirmé le renvoi de Gilbert Tordjemann devant la cour d’assises pour douze viols et trois agressions sexuelles sur quinze de ses anciennes patientes. Maître Jacques-Georges Bitoun, son avocat, s’interroge sur l’attitude de la presse qui n’a jamais douté de la culpabilité du sexologue.

Entretien réalisé par Jacques Colin

« De l’hypnose au viol » (1), « La chute du pape de la sexologie » (2), « Tordjemann savait choisir ses proies parmi les plus faibles » (3)... Tous les articles parus depuis décembre 2000 sont accablants pour le sexologue. Mais, pour vous, le pire n’est pas que les journalistes se soient prononcés avant la justice. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que personne n’ait réellement enquêté.

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15/03/2007

"Roger Gicquel : "La télé rend fou ; moi, elle m’a rendu lucide""

« La France a peur ». Les moins jeunes s’en souviennent encore. On en frissonnait dans les chaumières. Roger Gicquel était alors une star, aux manettes du « 20 heures » de TF1 où il officia durant six ans. Il vit aujourd’hui en Bretagne. Heureux, serein. Sans un regard dans le rétroviseur.

Entretien réalisé par Guy-Pierre Bennet

Comment êtes-vous devenu la première « star » de l’information ? Je suis arrivé sur TF1 au bon moment, celui de l’éclatement de l’ORTF fin 1974. J’avais une revue de presse sur France Inter dans laquelle je donnais mon avis en contrepoint des citations que je faisais. Le directeur de l’information de TF1, Henri Marque, qui venait de RTL, et le directeur général, Jean-Louis Guillaud, m’ont alors recruté pour cela.

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15/03/2007

"Fernando Savater, penser sous la menace"

A 60 ans, Fernando Savater ne mâche pas ses mots. Pour lui, philosopher « n’est pas un travail sur soi mais une réflexion sur la cité ». Il ne médite pas, il dialogue, il polémique. Non sans risque : il vit � Madrid sous protection policière, les terroristes de l’ETA l’ayant condamné � mort. Entretien tonique.

Entretien réalisé par Fernando Castello et Pierre Veilletet

Fernando Savater, originaire de Saint-Sébastien, au Pays basque espagnol, est aujourd’hui le philosophe le plus célèbre de son pays. Il y est également connu pour son combat contre le terrorisme de l’ETA, lequel lui a valu le prix Sakharov des droits de l’homme en 2001. Incarcéré � trois reprises sous le franquisme, il occupe désormais dans la vie intellectuelle espagnole (et au-del� des frontières) une position que nul ne lui conteste, mais qui dérange souvent :

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15/03/2007

"Edwy Plenel : La démocratie au péril du bruit"


L’UBM, vous connaissez? C’est la nouvelle invention des marchands de vent, d’intox et de manip. UBM pour « Unité de bruit médiatique »…Imaginez-les, chaque matin, quand ils ne pensent qu’à cela en se rasant, tous ces hommes de pouvoiret d’argent. Miroir, ô mon beau miroir… Ai-je fait beaucoup de bruit médiatique? Et que dit le bruit médiatique? Bruitais-je médiatiquement hier ou avant-hier? Et, demain ou après-demain, comment faire pour bruiter suffisamment, soir et matin ? Unité de bruit médiatique? Un attrape-communicant, un sucre d’orge marketing, une barbe à papapour spin doctors! Plus je te mesure ton bruit médiatique, plus tu vivras dans ta bulle médiatique, plus tu me feras confiance puisque je l’ai construite et, bien sûr, plus tu me rémunéreras.




e des foules, il sera trop tard pour s’en souvenir

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15/03/2007

"Alain Rémond : Vous allez voter pour qui, ou bien ?"

Ceci est un sondage. Ce ne sera pas long, vous verrez. Juste quelques instants. Je vais d’abord vous citer plusieurs qualités indispensables à un futur président de la République. Pour chacune de ces qualités,vous direz si elles s’appliquent énormément, beaucoup,suffisamment, juste un peu, un tout petit peu,pas du tout à chacun des candidats. Vous êtes prêt? Je commence :
1. La beauté.
2. L’humour.
3.L’élégance.
4. Le goût pour la cuisine.
5. L’habileté manuelle.
6. L’amour des animaux.
7. Le sens de l’orientation.
8. La maîtrise du coup droit au tennis.
9. Une bonne hygiène corporelle.
10. La main verte.

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15/03/2007

"David Abiker : Je nous déteste"

Nadine, 35 ans, esthéticienne, mariée deux enfants, Le Mans. Jean-Claude, chef d’entreprise, 53 ans, père de famille, Aubervilliers. Sébastien, étudiant,Aubagne, 23 ans. Gilles, coiffeur, pacsé, 31 ans, Saint-Flour. Annie, divorcée, 45 ans, en recherche d’emploi,Pau.



Personnellement, je ne les supporte plus.



Carte blanche à David Abiker

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