L’emploi du temps des journalistes politiques se resserre. Le mercredi a midi, ils sont a l’Elysée face a Laurent Wauquiez, son porte parole. Pour un journal a 13h… « ce n’est pas très pratique » soulignent certains. Ce rendez-vous hebdomadaire d’une vingtaine de minutes est dédié au compte rendu du conseil des ministres. Nicolas Sarkozy a été clair : aucune limite au débat pas question se laisser enfermer dans des tabous. Pour ce premier rendez-vous, quatre journalistes ont eu la parole durant sa retransmission en direct sur LCI (groupe Bouygues).
Laurent Wauquiez a voulu faire preuve de transparence : « concrètement, voila ce que cela veut dire », « nous n’avons pas abordé ce sujet mais je vais vous expliquer la position du gouvernement le concernant » etc. Exercice bien connu des journalistes : « Nous n’avons pas évoqué le thème de l’impôt alternatif » fait-il remarquer. Pourtant, sur les 4 questionneurs, 3 sont toutefois revenus sur ce sujet. Le porte parole a pris le dessus en expliquant que « l’impôt plancher était une piste de réflexion du gouvernement car Madame Lagarde en avait pris l’engagement dans l’hémicycle ». Et de conclure: « ce n’est pas un scoop ». Pour Anne Laure Dagnet, du service politique de France Inter, « cela ne change rien avec les comptes rendus de Jean-François Copé et nous n’avons rien appris de nouveau ». La question de la fusion entre Suez et Gdf avait, par exemple, fait l’objet d’un communiqué la veille au soir. Hier midi, les journalistes ont simplement appris la date de la réunion qui est prévue courant septembre. « Cela reste un exercice très contraint » selon elle. Il s’agit plus d’une opération de com’ que d’une volonté de transparence. LCI, qui retransmettait la séance, n’a d’ailleurs pas jugé utile d’y envoyer de reporter.
Chacun revendique l’initiative de cette entreprise de « dépoussiérage » de l’image politique.
Retransmettre ce compte rendu, c’est une idée de Jean-Claude Dassier, le directeur de LCI car il aurait lu dans la presse que Nicolas Sarkozy voulait donner « une vraie valeur de discussion au conseil des ministres ». Il n’a pas signé de contrat d’exclusivité et « si l’on se rend compte que c’est plat, on arrêtera de le retransmettre ». Cette diffusion n’a rien d’extraordinaire pour LCI, qui fait au moins 4 directs par semaine en politique. D’après l’attachée de presse de l’Elysée et celui de Laurent Wauquiez, c’est une initiative du porte parole lui-même, ce qui confirmerait les informations du Canard enchaîné. « Le conseil des ministres était devenu une sorte de boîte noire. Il fallait ouvrir les vannes pour le revaloriser ». Le choix de LCI est également pensé. Non pour sa proximité avec TF1 mais parce que le conseil des ministres est au cœur de l’exécutif. Séparation des pouvoirs oblige, « il semble donc logique de ne pas le retransmettre sur une chaîne parlementaire » nous a confié l’attaché de presse du porte parole, un ancien journaliste d’ailleurs… mais Public Sénat a retransmis trois fois le conseil des ministres l’année dernière. Alors, en cette période de rentrée scolaire, un bon poitn accordé en matière de transparence et de communication. Et messieurs les journalistes, au travail pour décrypter tout cela !








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