La première chaîne et ses problèmes de réclame...
Par J., le 2/08/2007
Quand Patrick le Lay a quitté la direction de TF1 le 8 mai dernier, il a laissé une chaîne en chantier à Nonce Paolini. Un résultat net en hausse de près de 100% grâce à la cession de TPS mais une difficulté d'adaptation aux nouveaux modes de consommation des contenus audiovisuels. Et ce n'est pas la diffusion en streaming de Mystère sur WAT qui va arranger les choses. Hier, le titre a connu un mercredi noir... enregistrant une baisse de 14% en bourse. La publicité déserte le groupe : ces recettes n’ont donc progressé que de 0,2% au premier semestre malgré l’arrivée de la grande distribution qui représente 6% des budgets.
Dans un article de YouVox, Christian Jerougel essaie de dégager plusieurs stratégies possibles pour les médias traditionnels face à la montée d'Internet. Dans le cas de TF1, "il s'agit de proposer aux annonceurs de conserver des espaces publicitaires sur les télés traditionnelles qui proposent la plus grande audience et de renforcer leur campagne sur Internet". Mais le plus dur à gérer est le décalage entre les annonceurs et les téléspectateurs. Le glissement de la publicité des médias "traditionnels" vers l'Internet peut se faire progressivement car les deux peuvent évoluer de paire pour une entreprise. Il s'agit d'équilibrer un budget. Pour l'audience, le problème est tout autre car il relève d'un choix : télévision ou ordinateur. Et, bien que les heures journalières passées devant le poste de télévision ne diminent pas réellement, plus les services Internet se développeront, plus l'audience de la télévision diminuera. Question de temps.
Voilà pourquoi Renault ne fera pas de publicité pour sa nouvelle Twingo sur TF1, préférant l'offre multisupport de Bertelsmann.
Mais tout n'est pas noir, même en ce jeudi gris pour l'action de TF1. L'investissement de TF1 au sein du groupe AB lui donne un accès privilégié à certains contenus. Championne des grands rendez-vous, TF1 reste tout de même une exception de nos jours. La chaîne rassemble près de 30% de part d'audience quand la plus regardée aux Etats-Unis en capte 15%. Mais il est urgent que les télévisions arrêtent de voir Internet comme un moyen de "diversification". C'est un lieu de production de contenus qui menace clairement le modèle économique actuel, de la production à la diffusion. Depuis qu'il a bradé MySpace à NewsCorp., Brad Greenspan voit son bijou doubler à chaque trimestre. Un jour, une série comme Heroes pourra être produite par MySpace. Les télévisions n'ont plus le monopole audiovisuel. Devant tant de prospective laissant croire au retard incommensurable de TF1, il est normal que le présentateur du journal télévisé le plus regardé d'Europe soupire (voir la vidéo) et que son vice-président s'en aille dans la presse écrite (?!)... non?













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