
Un nouvel outil numérique et une facture plus salée : le compte personnel de formation (CPF) a connu deux évolutions majeures en 2026. D’un côté, le passeport de compétences, officiellement lancé le 9 juillet 2026, vient centraliser les diplômes et certifications de chaque actif. De l’autre, le reste à charge demandé aux salariés qui mobilisent leur CPF est passé à 150 euros. Voici ce qui change concrètement, et pourquoi ces réformes interviennent alors que plusieurs secteurs peinent toujours à recruter.
Le reste à charge du CPF passe à 150 euros
Depuis le 2 avril 2026, tout salarié qui finance une formation via son compte personnel de formation doit s’acquitter d’une participation obligatoire de 150 euros, contre 100 euros auparavant (un montant en vigueur depuis mai 2024). Cette hausse s’applique aux demandes d’inscription à une formation déposées après cette date. Elle ne concerne toutefois ni les demandeurs d'emploi, ni les salariés dont la formation bénéficie d’un abondement complémentaire de l'employeur ou d’un autre organisme financeur.
Selon les textes publiés, l’objectif affiché par le gouvernement est double : responsabiliser les titulaires d’un CPF dans le choix de leurs formations, et réaliser environ 450 millions d’euros d’économies budgétaires sur l’année.
Le passeport de compétences, un nouveau carnet numérique
Porté par le ministère du Travail et géré par la Caisse des Dépôts, le passeport de compétences a ouvert le 22 juin 2026 avant sa publication officielle le 9 juillet. Accessible dès l’âge de 15 ans, cet espace numérique réunit dans un même endroit les diplômes, certifications, expériences professionnelles et engagements associatifs ou citoyens de chaque utilisateur, en lien direct avec son espace CPF.
Le déploiement se fait par étapes : le service « Mon CV », qui permet de générer un curriculum vitae à partir de données certifiées, est ouvert en premier. Le service « Mes attestations de réussite » doit suivre d’ici la fin de l’année 2026, avant un module « Mes compétences » prévu au deuxième trimestre 2027 pour valoriser les compétences acquises tout au long d’un parcours professionnel.
Pourquoi ces réformes maintenant ?
Ces évolutions interviennent dans un contexte de tensions persistantes sur le marché du recrutement. Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) 2026 de France Travail, les employeurs annoncent 2,275 millions de projets de recrutement pour l’année, et 57,4 % de ces embauches sont jugées difficiles à pourvoir (contre 61 % en 2023, une légère amélioration). Le secteur de la santé concentre à lui seul 322 000 projets de recrutement, avec 54 % de postes difficiles à pourvoir, tandis que le bâtiment affiche un taux de difficulté de 65 % sur 143 000 projets. Mieux flécher les formations financées par le CPF vers les compétences réellement recherchées fait partie des objectifs affichés de ces réformes.
Pour les actifs qui envisagent une reconversion ou une montée en compétences, ces changements impliquent d’anticiper un coût personnel plus élevé, mais aussi de pouvoir s’appuyer sur un outil de suivi plus complet de leur parcours. Nos astuces et conseils et notre rubrique Business – Entreprise reviennent régulièrement sur ces sujets liés à l'emploi et à la formation, tout comme notre rubrique Finance – Économie pour les aspects budgétaires.
Questions fréquentes
Qui doit payer les 150 euros de reste à charge sur son CPF ?
Tout salarié qui mobilise son CPF pour une formation dont la demande d’inscription a été déposée après le 2 avril 2026, sauf s’il est demandeur d'emploi ou si un financeur complémentaire (employeur, OPCO, région…) prend en charge le reste.
Qu’est-ce que le passeport de compétences ?
Un espace numérique public, géré par la Caisse des Dépôts pour le compte de l’État, qui centralise diplômes, certifications, expériences professionnelles et engagements citoyens dans un carnet unique connecté au CPF, accessible dès 15 ans.
Ces réformes vont-elles faciliter le recrutement dans les secteurs en tension ?
Ce n’est pas leur objectif direct : elles visent d’abord les finances du CPF et le suivi des parcours. Mais elles interviennent alors que des secteurs comme la santé ou le bâtiment continuent d’annoncer un grand nombre de postes jugés difficiles à pourvoir selon France Travail.
Sources
- Éditions Tissot — CPF : le reste à charge passe à 150 euros à compter du 2 avril 2026
- Centre Inffo — Le ministère du Travail lance le Passeport de compétences
- France Travail — Enquête BMO 2026 : près de 2,3 millions de projets de recrutement
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale