
Les émissions françaises de gaz à effet de serre reculent à nouveau en 2026, selon le baromètre publié par le Citepa, l’organisme officiel chargé de l’inventaire national des émissions. Un signal positif, mais que les experts jugent encore loin de correspondre au rythme nécessaire pour tenir les engagements climatiques du pays à l’horizon 2030.
Une baisse plus marquée qu’en 2025
D’après les estimations du Citepa, les émissions nationales devraient atteindre environ 349,4 millions de tonnes équivalent CO2 sur l’ensemble de l’année 2026, soit un recul de 2,8 % par rapport à 2025. Ce rythme est plus soutenu que celui observé l’année précédente, où la baisse s’était limitée à 2,1 %. Le mouvement n’est toutefois pas linéaire : le premier semestre a vu les émissions chuter de 4,1 %, tandis que le second semestre ne devrait afficher qu’un recul de l’ordre de 1,3 %, signe d’un ralentissement en cours d’année.
Transports et bâtiments, moteurs de la baisse
Deux secteurs expliquent l’essentiel de ce recul. Le transport routier affiche une baisse de 4,8 % sur l’année, portée notamment par le repli des ventes de gazole (-7,3 %). Le secteur du bâtiment se distingue encore davantage, avec un recul de 12 % de ses émissions au premier semestre, lié à une moindre consommation de gaz naturel pour le chauffage et l’eau chaude dans les logements et les bureaux. Si cette évolution du prix et de la consommation d’énergie explique une partie du phénomène, les experts rappellent qu’elle tient aussi à des hivers moins rigoureux et à des gestes de sobriété devenus plus courants dans les foyers.
- 349,4 millions de tonnes eqCO2 attendues en 2026
- -2,8 % sur un an, contre -2,1 % en 2025
- -4,8 % pour les transports routiers
- -12 % pour les bâtiments au premier semestre
Un rythme encore trop lent pour 2030
Malgré ces chiffres encourageants, la trajectoire reste en deçà de ce qu’exige la nouvelle Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), adoptée par décret en juillet 2026. Ce texte fixe un objectif de réduction de 50 % des émissions en 2030 par rapport à 1990, conformément aux engagements européens du paquet « Fit for 55 ». Concrètement, la France doit désormais réduire ses émissions d’environ 5 % par an jusqu’à 2030, alors que le rythme constaté ces dernières années tournait plutôt autour de 2 % par an. Les mêmes efforts de sobriété énergétique profitent aussi à la préservation de la biodiversité, régulièrement fragilisée par le changement climatique.
Le ministère de la Transition écologique, qui pilote la SNBC 3, a découpé la trajectoire en budgets carbone sectoriels successifs : 342 Mt eqCO2/an sur la période 2024-2028, puis environ 255 Mt eqCO2/an entre 2029 et 2033. Ces plafonds serviront de référence pour évaluer, secteur par secteur, si la France respecte ou non sa feuille de route. Un exercice d’autant plus suivi que certains épisodes récents, comme les feux de forêt d’ampleur inédite observés cette année, rappellent concrètement les conséquences du réchauffement sur le territoire.
Ce que ces chiffres changent concrètement
Pour les ménages et les entreprises, cette trajectoire se traduit par une pression croissante sur les secteurs encore en retard : industrie lourde, agriculture et une partie du parc automobile. Les pouvoirs publics devraient maintenir, voire renforcer, les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique et à l’électrification des usages, deux leviers identifiés comme prioritaires pour tenir le cap des 5 % de baisse annuelle désormais exigés.
Questions fréquentes
Pourquoi les émissions françaises baissent-elles en 2026 ?
La baisse s’explique surtout par le recul des émissions des transports routiers et du secteur du bâtiment, sous l’effet d’une moindre consommation de gazole et de gaz naturel pour le chauffage.
La France est-elle en avance sur ses objectifs climatiques ?
Non. Si la baisse de 2,8 % en 2026 est plus marquée qu’en 2025, elle reste inférieure au rythme annuel de 5 % désormais requis par la SNBC 3 pour atteindre l’objectif de -50 % en 2030 par rapport à 1990.
Qu’est-ce que la SNBC 3 ?
C’est la troisième Stratégie nationale bas-carbone, adoptée par décret en juillet 2026, qui fixe les budgets carbone sectoriels de la France jusqu’en 2038 pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Sources
Citepa — Baromètre des émissions de gaz à effet de serre 2026
Ministère de la Transition écologique — Suivi des émissions de gaz à effet de serre
France Info — En France, les émissions de gaz à effet de serre en baisse de 2,8 % en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale