
Un prix littéraire entièrement dédié aux œuvres coécrites avec l’intelligence artificielle vient d’être lancé en France. Baptisé prix Pascal, il récompensera en décembre un manuscrit rédigé avec l’aide d’un modèle de langage, à condition que l’auteur fournisse aussi un dossier technique détaillant les outils utilisés. Cette initiative arrive alors qu’une romancière sud-africaine, Coral Hart, défraie la chronique en revendiquant 371 livres publiés en vingt mois grâce à l’IA.
Un prix pensé comme un cadre, pas comme une caution
Le prix Pascal, dont le nom renvoie au mathématicien et philosophe Blaise Pascal, est ouvert à toute personne écrivant en français, sans condition de nationalité ni de passage par un éditeur. Jusqu’à fin novembre, les candidats peuvent soumettre un texte inédit accompagné d’un dossier précisant le modèle de langage mobilisé et la manière dont il a été utilisé. Le jury, dont la composition doit être dévoilée fin octobre, recherche une œuvre « utile ou qui alerte », et le lauréat sera annoncé mi-décembre. L’enjeu affiché n’est pas de masquer le recours à l’IA mais de l’encadrer et de le documenter, dans un paysage éditorial où cette pratique reste largement informelle.
Le cas Coral Hart, symbole d’une production à grande échelle
C’est dans ce contexte que la trajectoire de Coral Hart interroge. Cette autrice affirme écrire un roman en quarante-cinq minutes, en s’appuyant sur plusieurs outils d’IA selon les tâches : un modèle pour les dialogues, un autre pour la prose, un troisième pour certaines scènes. Elle revendique un million de ventes cumulées entre livres imprimés, audio et numériques, et déclare former plusieurs centaines de personnes à sa méthode. Ces chiffres restent toutefois difficiles à vérifier de façon indépendante, Hart publiant sous de nombreux pseudonymes qu’elle présente comme une protection contre les critiques, parfois très vives, dont elle fait l’objet.
Ce que cela change concrètement pour les lecteurs
- La frontière entre auteur humain et outil d’écriture devient moins nette, sans disparaître : la supervision éditoriale reste revendiquée par les deux parties.
- Un prix dédié crée un espace de comparaison et de débat, plutôt qu’une concurrence directe avec les prix littéraires classiques.
- La traçabilité technique exigée par le prix Pascal pourrait inspirer des pratiques de transparence chez des éditeurs classiques, où ce dossier d’IA ne figure actuellement nulle part.
- Le volume de production massif de certains auteurs interroge les plateformes de vente sur leurs propres outils de modération et de visibilité.
Une tendance plus large que ces deux cas
Au-delà de ces deux actualités, l’essor des outils numériques dans la création de contenu dépasse largement le seul secteur du livre. Les récentes obligations d’étiquetage des contenus générés par IA adoptées pour lutter contre les deepfakes montrent qu’une même question de transparence traverse plusieurs industries culturelles. Le secteur du livre, longtemps resté à l’écart de ces débats réglementaires, s’y retrouve désormais confronté à son tour, avec ses propres outils de régulation, comme ce prix littéraire.
Cette évolution s’inscrit aussi dans un rapport plus général à la culture : alors que certains Français se tournent vers les arts pour préserver leur équilibre face aux écrans, d’autres s’interrogent sur la place que l’IA doit occuper dans la production culturelle elle-même. Un débat qui n’est pas sans rappeler celui suscité par la restauration de la tapisserie de Bayeux, où la question de la préservation d’une œuvre face aux usages modernes avait aussi divisé experts et public. Pour mieux s’y repérer, quelques repères pratiques permettent déjà de distinguer un texte supervisé d’un texte purement généré, notamment la cohérence des personnages sur la durée et la présence ou non d’un suivi éditorial revendiqué par l’auteur.
Questions fréquentes
Le prix Pascal est-il réservé aux auteurs déjà publiés ?
Non. Il est ouvert à toute personne écrivant en français, sans condition de nationalité, de résidence ou de passage par un éditeur, à condition de soumettre un texte inédit avec son dossier technique.
Les livres de Coral Hart sont-ils entièrement écrits par une IA ?
Selon ses propres déclarations, elle supervise la trame narrative et le texte final, tout en déléguant la rédaction de certaines parties à différents outils d’IA selon les besoins.
Un dossier technique sur l’IA utilisée sera-t-il exigé par d’autres prix littéraires ?
Rien ne l’indique à ce jour pour les grands prix classiques comme le Goncourt ou le Femina, qui ne mentionnent pas ce type d’exigence dans leurs règlements actuels.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale